Lettre d’Yves ROBERT, Ex-Président du Hapkido Français.


En 1997, lors que Paul VISCOGLIOSI Président de la toute jeune FFTDA m’a proposé le poste de responsable coordinateur de la Commission Hapkido sur une proposition de Philippe PINERD, c’est avec enthousiasme que j’ai accepté.

Le cahier des charges était posé, réunir les différents pratiquants et écoles de Hapkido en France, créer un cahier de progression technique commun, organiser une compétition, des passages de grades et des homologations, enseigner le Hapkido aux ceintures noires de Taekwondo, etc.

 

La fédération avait peu de moyen mais nous avions Philippe et moi un sentiment de liberté concernant la mise en œuvre de nos actions. Une majeure partie des dirigeants des styles et écoles de Hapkido nous ont rejoints à cette époque.

 

Trois ans plus tard, sur une nouvelle demande du Président j’ai intégré le Comité directeur et le poste de Président de la Commission Hapkido avec l’idée que mes prérogatives seraient plus élevées et que le Hapkido avait tout à y gagner.

En fait, le projet avoué de la FFTDA était que le Hapkido devienne le « Jujitsu » du Taekwondo, une self défense qui puisse ouvrir le panel technique du professeur de Taekwondo et fidéliser des licenciés qui se détournait par lassitude des cours avec plastron et coups pieds sur une raquette.

 

Ma présence au comité directeur n’a pas amélioré les choses bien au contraire. J’avais l’impression que plus les Hapkido-in nous rejoignaient, plus nous formions des ceintures noires et plus les difficultés en interne survenaient.

Rien de direct mais des retards importants dans les remboursements, des réponses qui ne m’étaient jamais rendu sur des questions et décisions à prendre, etc.

 

J’ai donc fait appel à Olivier DEBIEVE, pour ses talents de gestionnaire et d’organisateur en le nommant Secrétaire Générale de la Commission.

Son travail de réorganisation de la Commission nous a fait rapidement prendre conscience que ces problèmes ne venaient pas seulement de notre manque de structuration, ni d’une éventuelle mauvaise gestion ou inexpérience de certains membres de la direction technique ou administrative de la fédération, mais bien d’une volonté délibéré d’entraver la progression du Hapkido.

 

La confirmation ne s’est pas fait attendre car le DTN m’a confié un jour, son souhait un peu simpliste, de récupérer les Hapkidoistes venu du Taekwondo et d’envoyer les pratiquants purement Hapkido à la fédération d’Aïkido.

Les ambitions importantes en termes de nombre de licenciés du nouveau Président de la FFTDA ont sans doute fait avorter ce projet.

 

La nouvelle stratégie est claire, reprendre les « recettes » du succès du Hapkido mais l’appeler taekwondo. Le concept « Hoshinsul, la self défense du Taekwondo » est né et communiqué sur le dépliant de la fédération avant même que le cahier technique existe, en prenant soin, bien sûr que les arts martiaux associés ni apparaissent pas.

 

Le problème est que le Hoshinsul n’est pas la self défense du taekwondo.

Reprenons le cahier technique Hapkido mise en place en France par nos soins depuis 1997:

Kwan-sul, jok-sul, Paegui-sul, hoshin-sul, etc. (et oui, sul = technique, Hoshin= défense corporelle).

 

En résumé, Hoshinsul veut dire self défense en Coréen, elle est présente dans tous les arts martiaux. La labéliser pour un seul art martial n’est pas correct. S’inspirer du cahier technique Hapkido n’est pas correct non plus.

Et pourtant, après le refus de Philippe PINERD à l’élaboration du cahier technique Hoshinsul, la direction technique FFTDA a trouvé les personnes nécessaires pour le faire, à noter qu’elles sont bien issues de formations Hapkido.

 

Après la démission de Philippe PINERD, m’a motivation était au plus bas. Je voulais pourtant honorer mon mandat d’élu jusqu’au bout et m’atteler à deux chantiers qui me tenaient à cœur : le Hapkido enfants et les relations internationales.

 

L’assemblée générale de janvier 2007 et ma courte discussion avec le DTN, qui en suivi, m’a définitivement découragé.

J’ai donc démissionné à mon tour de la direction de la Commission Nationale Hapkido après dix ans de présence.

 

La FFTDA est axée sur le Taekwondo (logique), les arts martiaux associés ne resteront pour elle que des licences supplémentaires, leurs commissions seront lestées et leurs ambitions freinées afin que jamais elles ne relèvent trop la tête.

 

Je suis maintenant persuadé que le Hapkido n’a plus rien à faire à la FFTDA.

 

Il est clair, que seul les Hapkido-ins auront l’avenir du Hapkido entre leurs mains dans une structure dirigée par eux.

Pour cela, je salue l’initiative de Philippe PINERD et Patrick LATAPIE.

 

Bonne chance à la « Daehan Hapkido France ».

 

Yves ROBERT